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Quatre griefs

Les quatre griefs

Quatre griefs, quatre sections. Chacune s'ouvre sur le fait établi, sourcé, et se poursuit par un encadré intitulé « Notre position ». Le fait et l'opinion ne sont jamais mélangés : ce qui est dans le corps du texte est vérifiable, ce qui est dans l'encadré ocre est une appréciation.

Grief 1 : un engagement rompu

Grief 2 : le témoin paie sa convocation

Grief 3 : une vérification d'identité laissée sans cadre

Trois différences qui ne se rattrapent pas

Un gabarit compromis n'est pas révocable. Un mot de passe qui fuite se change en trente secondes. Un visage ne se change pas. La donnée biométrique est la seule catégorie de donnée personnelle dont la compromission est définitive.

Aucun système d'information n'est infaillible. Des incidents de sécurité ont été rendus publics dans le secteur de la vérification d'identité, comme dans tous les secteurs qui concentrent des données. Une obligation qui multiplie le nombre d'entreprises tenues de transmettre une pièce d'identité et un gabarit facial multiplie mécaniquement la surface exposée.

La chaîne de traitement n'est pas lisible pour l'entreprise. Le dirigeant contracte avec une plateforme. La plateforme sous-traite la vérification. Le sous-traitant peut lui-même recourir à un autre prestataire, et l'hébergement peut se situer hors de l'Union européenne. À aucun moment du parcours d'inscription, cette chaîne n'est présentée spontanément à l'utilisateur.

Et l'État avait pourtant les outils. Un référentiel public de vérification d'identité à distance existe : le référentiel « Prestataires de Vérification d'Identité à Distance » qualifie des prestataires garantissant l'équivalence avec un face-à-face ; aucun texte n'impose son usage aux plateformes agréées[58]. La réforme ne le mobilise pas. Le contraste est même documenté sur pièce : contester la réforme en signant la pétition n° 6547 passe par FranceConnect, l'identification publique gratuite de l'État[59] ; s'y conformer en ouvrant le compte obligatoire d'une plateforme passe par une vérification privée, dont le prix de marché est de quelques euros par dossier[52], payée dans l'abonnement, selon une méthode que chaque opérateur choisit seul.

Grief 4 : une concertation interrompue

Qui a décidé quoi, et quand

Cette chronologie date les décisions et nomme les institutions et les responsables qui les ont portées, fonctions à l'appui, sans prêter d'intention à quiconque : chaque ligne est vérifiable au Journal officiel ou dans les comptes rendus parlementaires[65]. Cinq gouvernements successifs ont porté cette réforme sans changer de cap.

DateInstitution et gouvernementDécision
Loi de finances 2020Parlement, gouvernement PhilippePrincipe de la généralisation posé, volet anti-fraude porté par le ministère des Comptes publics[65]
15 septembre 2021Gouvernement Castex, ministère de l'ÉconomieOrdonnance n° 2021-1190 : cadre complet, calendrier initial 2024-2026, portail public gratuit prévu[65]
16 août 2022Parlement, gouvernement BorneRelégalisation du dispositif après censure du Conseil constitutionnel[65]
7 octobre 2022Pouvoir réglementaireDécret encadrant le mandat et la vérification du représentant légal[27]
28 juillet 2023Ministère des Comptes publicsAnnonce du report du calendrier vers 2026-2027, entériné en loi de finances 2024[65]
15 octobre 2024Ministère du Budget, gouvernement BarnierAbandon du portail public de facturation comme service de dépôt et de transport pour le B2B[35]
11 mars 2025Conseil de l'Union européenneAdoption de la directive ViDA : obligation intra-UE au 1er juillet 2030, faculté pour chaque État d'imposer un dispositif domestique[6]
24 mars puis 11 avril 2025Assemblée nationaleAmendement de report de l'émission des PME à 2028, adopté en commission puis rejeté en séance[66]
27 février 2026Administration fiscaleLancement du pilote national avec factures réelles[5]
Loi de finances 2026ParlementFixation du régime de sanctions[18]
15 juillet 2026Assemblée nationaleDépôt de la pétition n° 6547, renvoyée à la commission des affaires économiques[33]
1er septembre 2026LoiEntrée en vigueur de l'obligation de réception[1]

Données vérifiées au 17 août 2026. Chaque chiffre de cette page renvoie à sa source sur la page Sources. Éditeur : Antoine Kuhn.