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Méthode et chiffres

Le coût réel pour une TPE

Cette page est la plus exposée à la critique, elle doit donc être la plus vérifiable. Chaque montant vient d'une source identifiée, chaque hypothèse est signalée comme telle, et la méthode de calcul est modifiable. J'y ajoute ce que les tableaux ne montrent pas, deux cas concrets, le mien et celui d'un artisan qui facture sur papier.

Ce que cette page calcule, et ce qu'elle ne calcule pas

Le cas retenu est celui d'une entreprise individuelle sans salarié, qui facture en B2B et qui n'est pas déjà équipée d'une solution de facturation intégrée.

La page chiffre uniquement ce qui est documenté par une source : abonnement, mise en service, coût à la transaction. Elle ne chiffre pas le temps passé à s'équiper, la formation, ni le coût d'un changement de logiciel de gestion. Ces postes existent, mais aucune source chiffrée n'a été retenue pour les évaluer, donc ils ne sont pas convertis en euros ici.

Scénario A, réception seule sur une offre sans frais

Environ 26 % des solutions du marché proposent un plan gratuit[15]. Une entreprise qui se limite à l'obligation de 2026, c'est-à-dire recevoir des factures, peut s'y conformer sans dépense directe.

Coût direct en 2026 : 0 euro.

Cette option est réelle et elle doit être dite. Elle a trois limites. Les plans sans frais sont adossés à des outils de facturation propriétaires. L'obligation d'émission arrive au 1er septembre 2027[3]. Et surtout, cette gratuité n'est garantie par aucun texte : elle est un choix commercial d'une partie des opérateurs, révocable, et le gouvernement l'assume par écrit[55]. Le scénario A repose donc sur le bon vouloir du marché. Les deux premières limites sont développées sur la page Objections.

Scénario B, plateforme agréée branchée sur un outil existant

Cas documenté chez un distributeur : mise en service de 200 euros HT (120 activation + 80 paramétrage)[22], puis facturation à l'usage de 0,20 euro HT, observé entre 0,15 et 0,25[23], avec un crédit annuel minimum de 40 euros HT[24].

Le tableau ci-dessous affiche la méthode complète. Les deux premières lignes sont des hypothèses de travail, pas des données constatées : remplacez-les par vos propres chiffres.

Méthode de calcul du scénario B

Entreprise individuelle sans salarié. Les deux premières lignes sont des hypothèses de travail, pas des données constatées : remplacez-les par vos propres chiffres. Les lignes grisées sont calculées.

Détail du calcul du coût annuel du scénario B
PosteOrigineValeur
Factures par anHypothèse de travail120
Transactions par factureHypothèse de travail2
Transactions par anCalculé : factures × transactions par facture240
Coût unitaire par transactionDonnée sourcée[23]0,20 € HT
Consommation annuelleCalculé : transactions par an × coût unitaire48,00 € HT
Crédit annuel minimumDonnée sourcée[24]40,00 € HT
Montant annuel retenuCalculé : le plus élevé des deux montants ci-dessus. Ici, la consommation dépasse le crédit minimum.48,00 € HT
Mise en service, une seule foisDonnée sourcée[22]200,00 € HT
Total première annéeCalculé : mise en service + montant annuel retenu248,00 € HT
Total années suivantesCalculé : montant annuel retenu48,00 € HT

Ce calcul ne retient que ce qui est documenté par une source. Il ignore le temps passé à paramétrer l'outil, la formation, et le coût d'un éventuel changement de logiciel de gestion : ces postes existent, mais aucune source chiffrée n'a été retenue ici pour les évaluer.

Scénario C, solution du marché au prix médian

Le prix médian des solutions du marché est de 24 euros par mois[14]. Sur douze mois, cela représente 288 euros par an.

Une offre bancaire incluant une plateforme agréée est documentée à partir de 9 euros HT par mois[25], mais elle suppose de souscrire par ailleurs à un service bancaire professionnel, dont le coût n'est pas isolable ici.

Comparaison des trois scénarios

ScénarioPremière annéeAnnées suivantesCe qu'il suppose
A, réception seule0 euro0 euroAccepter l'outil de facturation du fournisseur de la plateforme
B, plateforme branchée sur l'existantmise en service + consommationconsommation seuleConserver son outil de gestion actuel
C, offre du marché au prix médian288 euros288 eurosUne offre standard, sans arbitrage sur le volume

Ce que les tableaux ne montrent pas

Les trois scénarios chiffrent des abonnements et des transactions. Ils ne chiffrent pas le reste, et le reste est souvent le plus lourd. Deux cas, un réel et un ordinaire.

Le mien

Je suis informaticien, en auto-entreprise depuis fin 2022. J'émets quelques factures par mois et je n'en reçois pratiquement aucune. Sur le papier, je suis le cas le plus simple de toute la réforme : la conformité devrait ne rien me coûter, ou presque.

En pratique, les offres gratuites que j'ai examinées ne proposent pas d'interface de programmation, celle qui permettrait de relier la facturation à mes propres outils. L'automatisation, c'est l'offre payante. Le choix qui m'est laissé est donc : payer pour un tuyau dans lequel il ne passera presque rien, ou renoncer à automatiser mon propre métier, qui est justement l'automatisation. Et dans les deux cas, avant d'ouvrir quoi que ce soit, je dois transmettre ma pièce d'identité à un prestataire de vérification que je n'ai pas choisi.

Mon cas est un agacement de professionnel. Le suivant n'en est pas un.

L'artisan qui facture sur papier

Ce cas n'est pas une figure de style, il est mesuré par l'État : selon le baromètre France Num de la Direction générale des Entreprises, 69 % en 2025 ; par secteur : industrie 84 %, BTP 76 %, hébergement-restauration 53 %, agriculture 46 %[57]. Plus de la moitié des exploitants agricoles et près de la moitié des hôteliers-restaurateurs n'ont donc aucun logiciel à brancher sur la réforme.

Prenez donc un agriculteur ou un artisan dans une commune isolée, qui établit ses factures à la main et dont l'ordinateur n'a pas été renouvelé depuis des années. Son comptable saura déposer et récupérer les factures, c'est son métier. Mais qui lui apprend, à lui, à choisir une plateforme parmi environ 140[13], à s'inscrire à l'annuaire, à passer une vérification d'identité en ligne, à transmettre ses pièces ?

La réponse honnête : personne, sauf s'il paie quelqu'un. Un proche, s'il en a un qui s'y connaît. Son comptable, en heures facturées. Ou un informaticien, dont le déplacement et la formation s'ajoutent au reste. Ce poste n'apparaît dans aucun tableau de cette page, parce qu'aucune source ne le mesure. Il est pourtant réel, et il pèse précisément sur ceux qui partent de le plus loin.

Agrégation nationale

Ce qui suit est une hypothèse de travail, pas une donnée constatée. Elle est présentée parce que l'ordre de grandeur éclaire le débat, et elle est étiquetée pour qu'elle ne soit jamais citée comme un fait.

Hypothèse de travail, pas une donnée constatée

Ce que représenterait le prix médian rapporté au nombre d’entreprises

Détail de l’hypothèse d’agrégation nationale
ÉlémentNatureValeur
Prix médian mensuelDonnée sourcée, comparateur commercial[14]24,00 €
Coût annuel par entrepriseCalculé : prix médian × 12288,00 €
Entreprises concernéesDonnée sourcée, comparateur commercial[9]4 000 000
Ordre de grandeur agrégéCalculé : coût annuel × nombre d’entreprises1 milliards d’euros par an

Cette multiplication n’a pas valeur de mesure. Elle applique un prix médian de marché à l’ensemble des entreprises assujetties, alors que la majorité des micro-entreprises ne retiendra pas l’offre médiane. Une part d’entre elles restera sur une offre sans frais en réception seule[15], d’autres paieront à la transaction pour des montants très inférieurs, comme le montre le scénario B.

Ce nombre ne doit donc jamais être cité comme un coût constaté de la réforme. Il indique un ordre de grandeur maximal, sous une hypothèse volontairement défavorable, et rien de plus.

La comparaison honnête

L'administration attend un gain de TVA de 2 à 3 milliards d'euros par an[10] en régime de croisière[10], sur un écart de TVA estimé à 6 à 10 milliards d'euros[11].

Ces deux grandeurs, gain attendu par l'État et coût supporté par les entreprises, ne sont pas mesurées de la même façon. L'une est une prévision de recettes publiques établie par l'administration. L'autre est une extrapolation à partir d'un prix médian de marché relevé par un comparateur commercial. Elles ne portent ni sur le même périmètre, ni sur la même population, ni sur la même méthode. La comparaison n'a donc valeur que d'ordre de grandeur, et ne peut fonder aucun calcul de rentabilité.

Données vérifiées au 17 août 2026. Chaque chiffre de cette page renvoie à sa source sur la page Sources. Éditeur : Antoine Kuhn.